Marcher pour prendre soin de son cerveau - Une masterclass avec Médoucine
Si leur cerveau marche, c’est grâce à leurs jambes : Abraham Lincoln et ses longues balades nocturnes, le philosophe danois Soren Kierkegaard et ses flâneries quotidiennes dans les rues de Copenhague, ou encore Winston Churchill, premier ministre britannique, qui parlait souvent de ses “chiens noirs” - une métaphore de la dépression - et utilisait la marche comme moyen pour gérer ses troubles de l’humeur.
On ne compte plus les personnages historiques qui ont fait de la marche un médicament pour leurs anxiétés, voire un outil indispensable pour leur productivité et leurs intuitions philosophiques !
Mais comment une activité aussi “anodine” que la marche peut-elle être bénéfique pour notre cerveau ?
Pour le comprendre, on peut commencer par regarder du côté de l’évolution : Homo Sapiens est un marcheur, tout simplement. La bipédie, cette posture originale sur deux jambes, est même - selon certains scientifiques - le trait caractéristique de notre espèce.
L’apparition d’Homo Erectus il y a deux millions d’années “marque un changement total, une synthèse sans pareille dans l’évolution humaine, car la marche permet de déployer toute une mécanique, une plasticité en termes de comportements, de capacités cognitives. Notre endurance exceptionnelle grâce à cette attitude verticale nous permet de devenir une puissance écologique, de scruter l’environnement” explique le paléoanthropologue Pascal Picq.
Les premières traces de bipédie découvertes remontent à 3.7 millions d’années. Nous avons évolué en marchant, et notre cerveau avec.
Intuitivement, on peut donc émettre l’hypothèse suivante : créer un environnement de vie sédentaire (voitures, écrans, escalators) pour une espèce qui est définie par la marche se traduira par des conséquences fâcheuses. Un peu comme si on demandait d’un coup à des poissons d’apprendre à respirer sur la terre ferme…
À l’inverse, le mouvement est une activité tellement naturelle pour notre corps qu’il se traduira par des effets extrêmement bénéfiques sur notre santé.
Et du côté de la science ? Ici, les études sont abondantes, et confirment les dégâts considérables de la sédentarité sur notre santé mentale.
Ainsi, une étude publiée dans Scientific Reports suggère que les adultes passant plus de 600 minutes (soit 10 heures) par jour en position assise ont un risque accru de près de 40 % de présenter des symptômes dépressifs, et un risque accru de 56 % de développer des symptômes dépressifs modérés à sévères…
Le manque de mouvement génère de multiples problèmes, notamment :
la réduction de la production d’endorphines, souvent appelées hormones du bonheur, qui aident à réguler l’humeur
l’augmentation des niveaux de stress et d’anxiété (le manque d’activité physique empêche la libération de neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine)
la sédentarité, surtout devant des écrans, peut entraîner une diminution de l’interaction sociale, exacerbant ainsi les sentiments de solitude et d’isolement.
En effet, l’absence de mouvement reflète souvent une vie coupée du monde extérieur, et nous prive des relations sociales incarnées dont nous avons tant besoin. Nous avons (presque) tous ressenti ce manque pendant le confinement.
Mais aujourd’hui, il n’y a même plus besoin de virus pour forcer les gens à se confiner : ils le font eux-mêmes ! Au Japon, on compte plus d’1 millions d’hikkikomoris, ces citoyens qui ne sont pas sortis de leur appartement depuis plus de 6 mois. À l’inverse, la marche est une activité qui permet de se reconnecter au monde extérieur, de rencontrer des hommes et des femmes tout au long de nos pérégrinations, d’échanger des regards et des sourires… Bref : la marche est une activité profondément humaine.
La marche permet, entre autres :
de sécréter le BDNF, une protéine qui favorise les connexion neuronales. “Un véritable engrais pour notre cerveau” selon le médecin Éric Griez
d’améliorer la créativité. Dans une étude consistant à tester le nombre d’idées créatives générées par les participants, la marche augmentait la créativité de 81% par rapport à la position assise
Chez les jeunes, l’activité physique a tendance a bonifier les performances scolaires, avec un effet marqué sur les mathématiques par exemple.
Ces effets positifs seraient le fruit de différents mécanismes comme :
l’augmentation de l’oxygénation du cerveau
le fait que l’attention portée au mouvement participe à une focalisation de l’élève
une association mouvement-apprentissage qui peut participer à la mémorisation
l’amélioration des marqueurs cognitifs comme le temps de réaction, l’humeur, la fatigue perçue
En bref : pour prendre soin de votre cerveau, mettez votre corps en mouvement !
Vous souhaitez approfondir le sujet ? Ça tombe bien, avec Médoucine, nous donnons une masterclass en live le 8 juin !
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Je marche 2h minimum par jour et c'est vrai que beaucoup de mes inspirations viennent dans ces moments seul avec moi même quand petit à petit le silence se fait en moi. Ce vide laisse la place à l'émergence de nouvelles idées, de réponses et de fulgurances.